Blast, t. 1, par Larcenet (Dargaud)
Le premier volume de la nouvelle série de Manu Larcenet, auteur du Combat Ordinaire, du Retour à la terre et dessinateur de Donjon Parade. Retrouvant le noir et blanc de ses débuts dans Fluide Glacial, Larcenet se lance dans un projet ambitieux de près de mille pages.
Polza Mancini, dit Grasse Carcasse, écrivain obèse, a commis un crime. Il raconte à deux inspecteurs, sur le mode narratif bien éprouvé de l'aveu, le processus qui l'a mené à délaisser la société des hommes, et à se réfugier dans la quête du « Blast », sorte de délire synesthésique qui est son seul bonheur possible.
Limité par son caractère introductif, ce premier volume où les talents de récupérateur graphique de Larcenet éclatent à chaque page laisse cependant augurer d'un ensemble de qualité.
Sol Carrelus, par Florent Ruppert et Jérôme Mulot (L'Association)
Révélation de l'année 2006, le duo récompensé par le prix du meilleur premier album à Angoulême 2007 est depuis devenu un pilier de l'Association. Dans Sol Carrelus, leur deuxième récit en grand format, ils poursuivent leur réflexion sur la violence entamée depuis leurs premiers récits.
Mécanique narrative bien rodée, dialogues percutants, doubles pages muybridgiennes, ironie macabre : les éléments habituels sont présents. Si l'ensemble peut sembler un peu redondant à qui a lu leurs précédents livres, il constitue une excellente introduction à une oeuvre qui mérite l'intérêt.
Base et La mort rôde ici, par Marko Turunen (Frémok)
C
es deux ouvrages, parus en 2004 et 2005, sont dus à l'un des auteurs les plus intéressants de la bande dessinée contemporaine. Bien que son travail reste confidentiel, Marko Turunen montre (comme dans un genre très différent Matti Hagelberg) que la bande dessinée alternative finlandaise est actuellement l'une des plus novatrices et exigentes.
Mêlant adroitement culture populaire (de la Bible aux comic books) et autobiographie, raideur narrative, virtuosité graphique, et innovations formelles, Turunen met en scène la vie apparemment monotone d'un couple d'extra-terrestres dans une Finlande parallèle. Deux livres qui méritent plusieurs lectures pour en apprécier pleinement la beauté et la profondeur.
Revers de fortune (De cape et de crocs, tome 9), par Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou (Delcourt). Le nouvel album d'une série qui connaît un succès moins immérité que la plupart des séries à succès...
Deux volumes d'Alec, par Alan Campbell (ça et là) qui couvrent une dizaine d'année du travail autobiographique précurseur de l'auteur britannique, devenu célèbre au tournant des années 1990 pour avoir illustré From Hell d'Alan Moore.
Les deux premiers volumes de L'Eternaute, par Hector Oesterheld et Francisco Solano Lopez (Vertige Graphic), récit de science-fiction des années 1960, un grand classique de la bande dessinée argentine signé par le scénariste de Sergent Kirk et Ernie Pike avec Hugo Pratt, ou de Mort Cinder avec Alberto Breccia.
Le quinzième numéro de Gorgonzola, un des bons fanzines de bande dessinée actuel (édité par une association dont je suis président, la déontologie m'oblige à le préciser...).